LXI- Un pas plus!
Des auteurs dont je n’ai lu -ou retenu – qu’une seule oeuvre. Cette journée étant placée sous le signe du fantastique, voici quelques ouvrages relevant de ce genre – ou assimilé!

« La comtesse sanglante »(1962) de Valentine Penrose, par ailleurs poétesse surréaliste, est moins un roman qu’un récit plus ou moins romancé de la vie de la comtesse Bathory, sinistre personnage connu pour se baigner dans le sang de jeunes paysannes enlevées sur son ordre. L’auteur fait un parallèle avec un contemporain de la noble hongroise (L’histoire se déroule au XVème siècle) Sire Gilles de Rais, ancien compagnon de Jeanne d’Arc qui sombra dans un mysticisme fou et meurtrier qui le poussa à violer et sacrifier de jeunes garçons avant de périr sur le bûcher.


Photos extraites de l’adaptation du » Docteur Lerne » par Jean Daniel Verahaege » (1983)
« Le docteur Lerne » (1908) de Maurice Renard est un roman fantastique à la limite de la science fiction, narrant les expériences terrifiantes d’un médecin retiré à la campagne, qui s’avère capable de permuter les âmes. Drôle, plein d’humour noir et inventif, le roman est aussi typique de son époque en cela qu’il aborde un hème très fréquent alors, la crainte des dérives de la science dans un monde ou celle-ci progresse et ou la religion commence à reculer. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien que le livre a pour sous titre « Le docteur Lerne, sous -dieu »



« Le mystérieux docteur Cornélius » (1912) de Gustave Le Rouge d’abord paru en feuilleton est un pavé qui raconte la lutte d’une riche famille américaine (L’Amérique fascinait déjà à l’époque) contre un certes mystérieux mais aussi inventif et terrible médecin ( On reste dans le domaine médical) le docteur Cornélius Kramm. Le livre contient tous les ingrédients du roman-feuilleton avec des fins en suspend, de nombreux rebondissements et des inventions permanentes. Tout comme « Le docteur Lerne » de Renard, il pose tout en restant dans les limites du divertissement la question des limites que la science doit s’imposer.et de son usage à des fins criminelles.

Jean Bouise et Gérard Desarthe dans « Le mystérieux docteur Cornélius » (1984) adaptation télévisée de l’oeuvre de Gustave Le Rouge par Maurice Frydland.

« Fumée d’opium » (1905) de Claude Farrère s’éloigne clairement quant à lui de ce qu’on nommait alors « Merveilleux scientifique » et pas encore science fiction, pour traiter d’un thème tout aussi en vogue à l’époque: les colonies et leurs mystères. Claude Farrère s’y connaissait en la matière, étant officier de Marine en même temps qu’abondant littérateur. Dans » Fumée d’opium » il aborde les colonies sous l’angle ainsi que le tire l’indique de la drogue au travers de plusieurs nouvelles, tantôt tragiques, tantôt cocasses, toujours poétiques. Je recommande particulièrement « La peur de monsieur Fierce » ou comment la drogue donne le courage à un poltron.
