LVIII- Les romanciers de la rue.
Aujourd’hui Michel Bernanos.


Michel Bernanos et son père, le grand Georges.
Le talent est-il héréditaire? A en croire sa petite-fille Anne Charlotte Letourneur, cette question ne semble pas avoir torturé l’auteur qui était le fils de Georges Bernanos. Soutenu dès ses ses débuts par son père, Michel Bernanos s’est certes cherché – et trouvé- une identité propre, très éloignée de celle de son père. L’homme avait d’ailleurs assez à supporter par ailleurs. Aussi ne peut-on blâmer ssn paternel de ce geste malheureux, son suicide en 1964. Michel Bernanos eut en effet une vie avant l’écriture, il s’engagea aux côtés de la France libre ou il servit dans la Marine, connut par là même un baptême du feu. Il continua après la guerre à mener une vie aventureuse, notamment au Brésil, pays qu’il connaissait suite à l’enfance itinérante voulue par son père qui emmena sa famille du Pas de Calais jusqu’à l’Amérique Latine en passant par Majorque.
A noter à ce propos, Georges Bernanos consacra au Brésil un ouvrage « Brésil, terre d’amitié »



Voilà un aperçu de l’homme, mais quid de l’écrivain?
L’oeuvre de Michel Bernanos se compose de poèmes, de plusieurs romans policiers dont beaucoup furent publiés après sa mort et de romans d’aventures fortement teintés de fantastique réunis sous le titre générique de « La montagne morte de la vie. »
Sous le nom de Michel Talbert, il écrivit deux romans policiers tirant vers le surnaturel « Les nuits de Rochemaure » et « La grande Bauche » pour le compte des éditions Fleuve Noir au sein de la fameuse collection Angoisse qui procura sa dose de frisson à de nombreux lecteurs depuis le début des années 50 jusqu’au milieu des années 70.


Après ces débuts plutôt favorables, Michel Bernanos eut moins de chance avec « La neige qui tue » ( Excellent roman dénonçant la drogue)et « On lui a fait mal », le premier étant refusé par Angoisse qui le jugeait trop « Série noire » et le second resta inédit pour des raisons plus obscures et sans doute plus personnelles. Ces textes firent en 1996 l’objet d’une réédition groupée par Fleuve noir sous le titre « On lui a fait mal ».

Sombre, dur, à la limite du désespoir, ces deux derniers romans ( « La neige… » et « on lui a fait mal. ») s’élèvent au-dessus de la Série noire moyenne pour toucher à une poésie épurée. Des trésors perdus et heureusement retrouvés du roman populaire français.

Je m’arrête là pour aujourd’hui, le fantastique suivra après le policier, bon dimanche à tous!


