LIII- Les romanciers de la rue.
Aujourd’hui: André Héléna, le catalan de Pigalle.

André Héléna (1919-1972) fut un Balzac des Bas-fonds, auscultant la pègre et ses diverses composantes, braqueurs, demi-sels, barbeaux, prostituées, paumés, flics honnêtes ou pourris, professionnels du crime ou tombés dedans par hasard. Une faune interlope et bigarrée que parfois tout sépare sauf une chose: la fatalité. Ou le destin, qui donna son titre à la saga criminelle, grand oeuvre de Héléna : »Les compagnons du destin »
Ce simple titre dit tout et surtout l’essentiel: tout cela finira mal.

Comme toujours ou presque chez Héléna.
Certes, il y a dans l’oeuvre pléthorique de l’auteur des exceptions telle la série de « L’aristo » variation sur le thème du Gentleman cambrioleur.





Hors le monde des truands, Héléna a exploré la noirceur humaine dans des périodes troublées comme la Guerre d’Espagne dans « J’aurais la peau de Salvador » ou l’occupation dans « Les clients du Central Hôtel »








Hélas, malgré sa prolixité, Héléna ne parvint jamais à vivre correctement de sa plume. Il en fut réduit à écrire des romans érotiques – ce qu’il détestait- avant de mourir prématurément en 1972.


Oublié un temps, il connut une réédition chez Fanval Noir à la fin des années 80.
S’il reste ignoré chez nous, Héléna jouit d’une très grande popularité en Allemagne et dans une moindre mesure en Italie. Pour certains ce serait le signe d’un renouveau dans son propre pays. Qui est aussi le nôtre.

