Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

LI- les romanciers de la rue.

Aujourd’hui Francis Carco.

Francis Carco (1886-1958) fut un chantre du Milieu et de sa fatalité, de Montmartre et de son folklore, natif de Nouméa et fils d’un père fonctionnaire et brutal qui trouva une inspiration dans le défilé des bagnards en partance pour l’île de Nou et un refuge dans la poésie.

Comme il serait trop long de détailler l’oeuvre très riche de Carco, je ne retiendrais que deux de ses romans « L’homme traqué » et « L’équipe- roman des Fortifs »

Dans « L’homme traqué », Carco raconte l’histoire d’un boulanger qui s’est rendu coupable d’un meurtre et se réfugie chez une inconnue. Au travers du regard de cette dernière (peut-être une manière d’embarquer le lecteur) l’auteur trace le portrait d’un assassin de ses remords, de ses craintes et de ses lâchetés.

« L’équipe- roman des Fortifs » rejoint sur ce point « L »homme traqué » à cette différence près que le héros – le pivot du récit plutôt- n’est pas un homme ordinaire comme le boulanger de « L’homme traqué » mais un dur, le chef d’une bande d’apaches qui remâche ses rancoeurs (notamment contre les anarchistes qu’il trouve lâches) avant de tenter le grand coup qui le fera riche et qui ne lui laissera que remords.

Avec (entre autre) ces deux livres, Carco jetait les bases de l’étude criminelle telle qu’elle sera abordée au XXème siècle. Il ne fut pas à proprement parler un pionnier dans ce domaine, lors du siècle précédent, des écrivains avaient déjà évoqué et de façon parfois très précise le monde des bas-fonds. Eugène Sue avc « Les mystères de Paris », Georges Darien avec « Le voleur », Charles Louis Philippe avec « Bubu de Montparnasse » ou encore, et ce n’est pas le moindre: Victor Hugo avec « Les misérables »

Toutefois, Carco prit une autre direction, plus psychologique et souvent plus intimiste, ouvrant la voie à d’autres tel Jean Genet ou encore André Héléna.


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