Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

XLXI- Mort Shuman, notre oncle d’Amérique…

Mort Shuman, c’était un peu le tonton américain que beaucoup parmi ma génération auraient voulu avoir au fil des « Numéro 1 » de Maritie et Gilbert et Carpentier. C’était en tous cas vrai pour ce qui me concerne. Mais Mort Shuman, c’était plus que cela. Ce natif de Brooklyn, fils d’immigrés juifs polonais qui commença à étudier la philosophie avant de céder au démon de la musique, composa de nombreux succès du Rock’n’ roll – ce genre musical qui m’est cher, vous le savez- notamment pour le King en personne.

Francophone et francophile, il reçut en cadeau de la part de sa maison de disques un séjour à Paris qui devait se prolonger entre autres grâce à sa rencontre avec un certain Jacques Brel. Il adapta pour lui en anglais la comédie musicale « L »homme de la Mancha » puis noua avec ce dernier une amitié solide. Il traduisit d’autres de ses chansons en anglais. Ces traductions donnèrent lieu à un album « Jacques Brel is alive and well and living in Paris »

Mort se mit ensuite à son compte, enchaînant les tubes et les musiques de film, fit même l’acteur à l’occasion, notamment « Dans La petite fille au bout du chemin » (1976) en flic de service face à une autre expatriée américaine: Jodie Foster. On peut également compter « La nuit de Saint Germain des prés » (1977) de Bob Swaim (C’est d’ailleurs ce qui m’a donné l’idée de cet article) et surtout « Rue haute » (1976) film belge de André Ernotte ou il partage l’affiche avec Annie Cordy, un peu moins drôle qu’à l’accoutumée.

Ceci étant, si Mort Shuman s’est illustré dans un domaine au cinéma, c’est d’abord dans sa spécialité, la musique. Sans entrer dans un inventaire qui serait beaucoup trop long, il faut retenir les bandes originales de « A nous les petites anglaises » (1976) et « L’hôtel de la plage  » (1977) tout deux de Michel Lang. Les méchantes langues diront que les bandes sons valent mieux que les films.

Pour finir, les dernières années de Mort Shuman furent difficiles, traqué par le Fisc, rencontrant moins de succès, il ne rompit cependant pas ses liens avec notre pays, se lançant dans des projets parfois improbables ( « Pharaon » avec Yves Mourousi!) ou avortés, avec son rôle dans le film inachevé « La jonque chinoise » de Claude Bernard Aubert, inachevé en raison du décès de son interprète principal, Lino Ventura.

La malchance le poursuivit jusqu’au bout, peu avant sa mort il travaillait avec Yves Montand sur un nouveau spectacle qui ne vit pas non plus le jour. Les deux hommes moururent à quelques semaine d’intervalle en 1991.


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