Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

XLVI- Un pas plus! Des auteurs dont je n’ai lu ou vraiment apprécié qu’une seule oeuvre. A vous de juger!

« L’or des fous » (1975) de Pierre Siniac. Siniac fut un auteur de Série noire particulièrement prolifique, notamment via le très long cycle des « Luj’inferman ». Il a eu droit aux honneurs du cinéma avec l’adaptation de « Les morfalous » par en Henri Verneuil en 1984 avec notre Bébel national. Pour en venir à « L’or des fous », il s’agit d’un roman avec pour toile de fond la débâcle de 1940, période à tout le moins troublée qui permit ou du moins miroiter la possibilité de s’enrichir au nez et à la barbe de la Loi. C’est d’ailleurs le cas des personnages de ce livre, militaires ou civils qui cherchent à s’emparer du stock d’or de la Banque de France qui a été transféré à l’approche des troupes allemandes. Il y a du Sergio Leone de « Le bon la brute et le truand » ou encore du Dumas dans l’imbrication du réel et de la fiction, autrement dit de faire une histoire avec de l’histoire. Efficace, dense sans l’être trop, ironique, un poil cynique tout en demeurant très humain, une réussite du polar historique. A noter que le livre connut une réédition chez Rivages/Noir sous le titre « Sous l’aile noire des rapaces »

Pour finir et sans divulgâcher l’intrigue (Comme diraient nous québecois!) une réplique:’Désolé messieurs, eau régal! »

« Le der des ders » (1984) de Didier Daeninckx est lui aussi un polar historique mais qui lui se situe au début de l’entre-deux guerres et met en scène un enquêteur privé qui va découvrir suite à une affaire banale des secrets fort compromettants concernant certains officiers de l’Armée.

Peinture du monde de l’Après-guerre de 1914, avec ses mouvements improbables (Les « Espérantistes ») l’automobile qui s’installe dans le quotidien des français en même temps que l’influence américaine, « Le der des ders » est une réussite pleine de surprises. Aussi n’en dirais-je pas plus afin de préserver votre plaisir.

Un mot sur l’auteur, Daeninckx appartient au mouvement du Néo-Polar, littérature noire abordant des thèmes politiques, au même titre que A.D.G, Jean Patrick Manchette ou encore Frédéric Fajardie. Dans le cas de Daeninckx (Que j’ai rencontré dans ma bonne ville de Saint Malo lors du festival « Etonnants voyageurs, soit dit en passant), il est apparu tout à fait à la fin de ce mouvement, c’est à dire au début des années 80. Le fin oui, ce courant ayant été initié au début des années 70. Daeninckx se caractérise par un humour et un usage modéré de la violence qui le distingue de Fajardie, ainsi que par un certain attachement à sa région, le Nord, comme dans ‘Lee géant inachevé ». Toutefois, c’est « Le der des ders » qui l’emporte par la richesse de ses thèmes et son prtrait coloré d’une époque.

« Le salon du prêt-à-saigner » de Joseph Bialot (1978) se situe dans un registre différent, celui du roman noir sur fond de chronique sociale. Un tueur opère dans le milieu de la confection avec ses ouvriers immigrés exploités, ses requins de la mode ainsi que toute la faune gravitant autour ou dans cet univers.

Très bien rythmé, rempli d’humour noir et très pertinent dans sa description d’un certain monde, le modèle de ce que de nombreux polars devraient être. Un mot de l’auteur, Joseph Bialot, né de parents juifs ashkénazes, victime de la déportation (expérience qu’il racontera plus tard) et auteur de nombreux ouvrages que je devrais me mettre à lire afn de vous ennuyer un peu plus avec mes chroniques.

« Mygale » de Thierry Jonquet (1984) se rapproche quant à lui du roman d’horreur avec l’histoire de ce chirurgien qui se venge du violeur de sa fille en le séquestrant et en le transformant en femme. Cruel et sombre, il montre une efficacité (Dans l’horrible en l’occurrence) que l’auteur ne retrouvera plus par la suite, que ce soit avec « Les orpailleurs » (qui servira de base à la série « Boulevard du palais ») ou son dernier opus consacré au problème des enseignants de banlieue « Ils sont votre épouvante, vous êtes leur crainte »

Un mot pour en finir avec « Mygale », le roman faillit être adapté dans les années 80 par Francis Leroi, lequel dut renoncer en raison du désistement de l’acteur. Il est vrai que ce rôle à transformation était pour le moins frustrant pour l’interprète potentiel. Il fut finalement porté à l’écran beaucoup plus tard par Pedro Almodovar sous le titre « La piel que habito »

On finit par Fred Kassak, et « Voulez vous tuer avec moi? » (1970), qui narre les aventures d’un VRP qui fou d’amour pour une femme à perruque (!) qui ne veut pas de lui n’en demeure pas moins un chevalier servant allant jusqu’à occire ceux qui gênent sa bien-aimée. Cela va sans dire, tout cela finira…. vous le saurez en lisant!

Fred Kassak était un spécialiste du roman noir humoristique, il montre ici une vraie maîtrise de ce genre délicat.

Sur ce, bonne lecture et bonne journée!


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