XXXVIII- Les déguisés de la Belle-époque, quatrième partie. Joséphin Péladan.
Joséphin Péladan, le Sâr qui ne dînait pas à l’huile!


Joséphin Péladan (1858- 1918) entra dans la République des lettres à l’aide de Léon Bloy, Paul Bourget et de Jules Amédée Barbey D’Aurevilly puis connut le succès avec son roman » Le vice suprême » (1888) premier volume d’un cycle de vingt et un livres clos par « La torche renversée » publié à titre posthume en 1925.

Il se démarqua par ses robes, sa barbe ointe à l’huile de cèdre, ses cravates de dentelle et le titre de « Sâr » (roi en babylonien) voire de Sâr Mérodack le nom de mage ne lui suffisant plus. Cela provoqua l’hilarité de ses contemporains (« Le mage d’Epinal » « Le Sâr dîne à l’huile ») mais passait malgré tout dans le contexte souvent délirant de la fin de siècle.
Outre ses tenues, ses écrits étaient en effet très imprégnés de l’ambiance d’alors portée sur l’ésotérisme, la magie, le mysticisme (Péladan se passionna pour l’occulte sous ses diverses formes, allant jusqu’à appartenir à la loge des chrétiens Martinistes, ce qui n’a rien à voir avec l’apéritif)
Avec le changement d’époque, la gloire de Péladan déclina jusqu’à ce que l’auteur sombre dans l’oubli. Il mourut en 1918 dans l’anonymat le plus complet avant de connaître un renouveau dans les années 70 grâce à l’intérêt du public pour les écrivains fin de siècle.
Signalons enfin que Péladan inspira à Gaston Leroux un des personnages de son roman « Le fauteuil hanté »
