XXXVIII- Les déguisés de la Belle-époque, troisième partie.
Jean Lorrain.
Jean Lorrain (1855-1906) Paul Alexandre Martin Duval de son vrai nom fut un journaliste, chroniqueur, romancier, nouvelliste, poète et dramaturge français.
Si son oeuvre lui a survécu, de son vivant, il dut surtout sa notoriété à ses chroniques ou il s’appliquait à décrire les vices du tout Paris. Evidemment, cela lui valut de nombreuses inimitiés notamment chez Zola, et même quelques duels, dont un avec Marcel Proust.
Son observation des moeurs parisiennes l’inspira forcément, nombre de ses livres et nouvelles traitant de la décadence de son époque, à laquelle il participait lui-même. En effet, Lorrain était un personnage flamboyant, qu’on qualifierait de nos jours de « folle ». Moustache teinte au henné, bagues à gros chatons, maniérisme sans complexe. Il aimait à se vêtir en « apache » (les racailles d’alors) ou en fort des Halles, voire en femme et trouvait ses amants dans les lieux mal famés ou il se faisait régulièrement agressé et dépouillé, quant il n’y risquait tout simplement pas sa vie.

Caricature de Jean Lorrain dans « L’assiette au beurre »


Il est possible de distinguer deux tendances dans l’oeuvre romanesque de Lorrain, l’une plutôt réaliste composée d’ouvrages à la limite du documentaire ou du « Naturalisme », observation de la vie des maisons closes (La maison Philibert) ou des hôtels destinés aux liaisons plsu ou moins dangereuses (Hélie garçon d’hôtel)

L’autre tendance est quant à elle plus onirique et, par moments relève du Fantastique, avec « Contes d’un buveur d’éther » ou Lorrain puise dans son expérience des drogues auxquelles il s’adonnait – et qui contribuèrent à sa mort prématurée- ou encore « Histoires de masques » » ou « La dame aux lèvres rouges » qui figurent selon moi dans ce que le Fantastique littéraire français aura donné de meilleur.


Il ne faut pas oublier non plus son oeuvre théâtrale – c’était encore l’époque ou la réussite d’un auteur passait par le succès théâtral- assez riche, mais que je dois l’avouer, je connais mal. Je citerais cependant « Très russe » et mêem cette pièce de Noel dont vous pouvez voir l’affiche ci-dessous.


« Le vice errant » (également inttulé « Les Noronsoff »), roman traitant de la décadence terrible d’une famille de nobles russes. Le vice des riches, un autre thème récurrent chez Jean Lorrain. En témoigne un autre de ses livres, sans doute l’un des plus connu: « Le crime des riches »


En guise de conclusion, un auteur dont le personnage public haut en couleur ne doit pas éclipser l’oeuvre, laquelle mérite d’être lue et même relue!
Au suivant!
