XXVI- Quand les anglos coiffent le béret basque, quatrième partie.

Pour conclure cette section concernant David Goodis, il m’a paru intéressant de comparer les deux adaptations de « The burglars », la française « Le casse » (1971) de Henri Verneuil et l’américaine « The burglar/ Le cambrioleur » (1957) de Paul Wendkos.

L’histoire met en scène un cambrioleur flanqué d’une jeune femme, fille de son défunt associé et mentor, dont il s’occupe par loyauté. Après un gros coup, il fait l’objet d’un chantage de la part d’un policier véreux.
Afin de respecter la chronologie, je vais commencer par le plus ancien, le film de Wendkos. Tourné en 1957, au moment ou le Film Noir décline avant de renaître quelques années plus tard sous une autre forme le « Néo-noir », il se situe à ce titre dans un entre-deux comme « Traquenard » de Nicholas Ray ou « La soif du mal » de Orson Welles. Il en affiche les caractéristiques, une propension à expérimenter ( introduction d’éléments étranges à la limite du fantastique, la présence d’une voyante parmi les personnages notamment) et par là même à annoncer la nouvelle décennie
Il est assez fidèle au roman, respectant notamment la forte dimension humaine sinon humaniste de l’auteur, et garde du Film Noir classique une part importante de mystère et de suggestion avec la révélation volontairement tardive due l’identité du policier.
Le film de Verneuil se différencie de par sa nationalité avec cette légéreté ironique très française mais aussi et forcément par l’époque à laquelle il a été fait. Typique des années 70, il affiche bidules technologiques, cascades, nudités ( discrètes soit dit en passant) et l’influence du féminisme avec le personnage de Nicole Calfan, la protégée du braqueur, plus affirmé que dans la version américaine ou Jayne Mansfield tenait le rôle ( Au passage c’est un des meilleurs fils auxquels elle ait participé) L’aspect humaniste est moins présent, gommé par la froideur technique assez fréquente dans le cinéma de cette période, et le flic joué par Omar Sharif n’est pas dissimulé. Il apparaît dès le début et le récit s’articule autour du duel entre les deux hommes.
Au final, deux oeuvres réussies mais dont la différence tient en ait moins à leur pays d’origine qu’à leurs ères respectives.
A bientôt!
