XXVI- Quand les anglos coiffent le béret basque, deuxième partie.
» Nous ne sommes que des enfants, on joue, on vit, on se défend… »

Léa Massari et Robert Ryan dans « La course du lièvre à travers les champs »
« La course du lièvre à travers les champs » (1972) réalisé par René Clément, inspiré par « Vendredi 13/ Black friday » de David Goodis et adapté par le romancier Sébastien Japrisot.


Différentes éditions de « Black Friday » et de l’adaptation du script de Japrisot.
L’histoire ne reprend que e manière très éloignée celle du livre, celle d’un fuyard (Jean Louis Trintignant) qui, poursuivi par des gitans trouve un refuge pour le moins douteux chez des truands dans une forêt canadienne. Par une suite de défis avec le chef (Robert Ryan, grande figure du Film noir américain des années 50, touvhant et dur à la fois dans un de ses derniers rôles) il finit par se faire accepter avant de participer au casse que le gang était en train de planifier.
La ressemblance s’arrête là. Clément et Japrisot ont ajouté des éléments très originaux et poétiques ( références à l’enfance et à la magie, réflexion sur la fatalité que les personnages tentent de fuir malgré tout) qui transcendent le sujet. Le film est par ailleurs très bien servi par ses interprètes. Outre Robert Ryan et Jean Louis Trintignant (excellent comme d’habitude) on trouve la plus francophile des italiennes Léa Massari, Aldo Ray (autre figure du Film Noir), une brochette de seconds rôles dont Jean Gaven qui apporte sa présence physique et Tisa Farrow (La soeur de Mia) un côté « Alice au pays des merveilles » tout à fait dans le ton du récit. A noter pour l’anecdote que le film vit la première apparition de Emmanuelle Béart!
Au final, une oeuvre qui prouve qu’on peut trahir un livre avec talent (quoique l’aspect humain n’est pas si éloigné de celui prépondérant chez Goodis) et mélange adroitement brutalité et émotion, poésie et réalisme. Je n’oublie pas d’évoquer la magnifique musique de Francis Lai, qui servit plus tard d’introduction aux programmes de FR3. Avec la voix d’Anne Lefébure, toute une époque…

