XXV- Les reines du nu européen, deuxième partie.

Sandra Jullien dans « Je suis une nymphomane » (1970) de Max Pécas.
Autre figure du cinéma de second rayon français, Max Pécas suivit un parcours assez semblable à celui de Jesus Franco, débutant par des films policiers et des drames noirs vaguement polissons ( « Douce violence » avec chanson de Johnny, « Cinq filles en furie », « Espions à l’affût ») il s’orienta vers un registre plus osé avec « La main noire » (1968) avatar délirant de »L’Eurospy », genre alors à l’agonie, et surtout « Claude et Greta » (1969) romance lesbiennes teintée de SM. Mais c’est l’année suivante que Pécas met les pieds dans la plat avec « Je suis une nymphomane », histoire d’une prude jeune femme qui se dévergonde grâce aux corrupteurs en chef des écrans de l’époque: Michel Lemoine et Janine Reynaud.


Le film connaîtra un très grand succès qui incitera Pécas à poursuivre dans cette voie, enquillant avec plus ou moins de succès des polissonneries parfois sérieuses tel « Je suis frigide…pourquoi? » (1971), tantôt comiques « Sexuellement votre » (1973) tantôt voyeuriste « Club privé pour couples avertis » (1975) pour arriver finalement au porno avec « Luxure » (1976). un chemin ou il passera sans toutefois s’y arrêter, ne serait-ce qu’en biais comme son confrère Jesus Franco.



Avant de conclure, un mot de Janine Reynaud qui incarna une certaine idée de l’érotisme sulfureux chez Jesus Franco mais aussi chez José Benazeraf dans « Frustration » (1971) ou elle joue son rôle le plus célèbre, celui d’une bourgeoise qui se rêve prostituée. Sans oublier les films de son mari Michel Lemoine, notamment « Les chiennes » (1972)



Janine Reynaud, une beauté sévère et sensuelle tout à la fois.
A ce propos, Benazeraf, sera le plus pionnier de tous dans l’aventure du sexe non simulé. Partant des mêmes bases que Pécas et Franco ( Polars un brin dénudés au début des années 60 comme « Le concerto de la peur ») il se laissera aller à filmer des pénétrations dans « Adolescence pervertie » (1973) mêlant le tout à la politique (dans le dernier opus cité, il y a un discours de Georges Séguy! Alors secrétaire de la CGT) voire en s’intéressant aux Black Panthers dans « Black love » ou apparaît l’inénarrable Alphonse Beni, déjà évoqué dans ces pages ( auteur du fameux « Cameroun connection)


Dans « Black love » on vit aussi la très jolie Joelle Coeur, habituée des films sexy de cette période.

« Luxure » seule incursion de Pécas dans le Hardcore. Pourtant très réussie….
Pécas ne sera pas le seul à reculer devant le Hardcore, certaines actrices caleront devant le phénomère, parmi lesquelles Alice Arno ( Née Marie France Broquet) solide pilier (au propre comme eu figuré!) de magazines naturistes à la fin des années 60, elle enchaîna lors de la décennie suivante par une longue suite de bandes érotiques souvent teintées de fantastique et apparaîtra fréquemment chez Franco.

Alice Arno, la seule, l’unique!

Lina Romay, proie d’Alice Arno dans « La comtesse perverse » (1973) de Jesus Franco.
En bref, au milieu des années 70, une question agite le petit monde du cinéma d’exploitation au moment de la libération des moeurs: »Poron or not porno? » Si certains reculent (sans jeu de mots!) d’autre s’y lancent sans complexe. Mais dans quelle mesure?
A suivre!
