Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers!

XXV- Les reines du nu européens, des starlettes de l’érotisme aux impératrices du porno. Première partie.

C’est sous le patronage de Brigitte Lahaie que s’ouvre ce nouveau dossier consacré celui-ci à l’évolution de l’érotisme dans le cinéma européen et notamment français depuis la fin des années 60 à la fin des années 70. Ou comment la libération des moeurs a changé la représentation des corps dans le cinéma que d’aucun qualifient de « second rayon ». Pourquoi prendre le sujet sous cet angle? Parce que ce cinéma a pour intérêt de se trouver de par sa nature hétéroclite à la croisée des chemins, érotisme, fantastique, et même parfois film d’auteur. Cela est également la conséquence du manque caractéristique de ces petites productions qui les contraint à mettre le pied dans la rivière là ou le cinéma grand public se contente de tremper un orteil pudique.

Certes, la qualité de ces films est souvent discutable, ce qui ne signifie pas qu’il faille le regarder de haut. Sans les excès de ce dernier, le cinéma officiel n’aurait pas progressé – ou alors différemment, ou plus lentement. Il constitue un laboratoire pour l’art officiel, parfois aberrant, parfois surprenant, toujours audacieux.

Sans plus tarder, je vais entrer dans le vif du sujet en me calant sur trois réalisateurs qui incarnent ces métamorphoses: Max Pécas, Jean Rollin et Jesus Franco. Par leurs « oeuvres » et par les actrices qu’ils ont fait tourner , ils sont selon moi un fil conducteur idéal pour suivre ces évolutions.

Jesus Franco et sa première muse, la portugaise Soledad Miranda.

Jesus Franco, cinéaste espagnol comme son nom l’indique, arrive en France à la fin des années 60, après avoir tourné dans son pays d’origine puis un détour par l’Angleterre et l’Allemagne. Il a à ce moment pratiqué plusieurs genres, allant du fantastique à l’espionnage. On constate à mesure que sa filmographie progresse que l’érotisme prend une place prépondérante dans ses films (Notamment dans « Necromonicon » avec Janine Reynaud qui suit une femme en proie à un délire psycho-sexuel) En France, il va affirmer cette tendance à travers ses multiples adaptations du Marquis de Sade et ses films centré sur le vampirisme, soutenu par son actrice fétiche de l’époque Soledad Miranda qui apparaîtra notamment dans « Eugénie de Sade » (1970) et surtout « Vampyros lesbos » (1971) A ce moment, la nudité n’est déjà plus taboue mais chez Franco ainsi que d’autres artisans du même cercle, elle se double de références appuyées à la perversité ou de ce qui est alors considéré comme tel. L’homosexualité féminine avec les belles vampires souvent (toujours?) portées sur les nuques des jeunes femmes (et sur d’autres parties plus intimes, mais cela reste suggéré), le sadomasochisme, voire la nécrophilie et l’amour à mort.

Eugénie de Sade

Vampyros lesbos

Dans « La comtesse noire » (1973) le cocktail sexe et mort atteint son paroxysme et surtout, il constitue une des pierres angulaires du grand bond en avant que va faire l’érotisme au milieu des années 70: le saut dans la pornographie. « La comtesse noire » en est un très bon exemple en cela qu’il existe en de multiples versions, dont une ouvertement hard, avec organes! C’est également ce qui explique la multiplicité des titres « La comtesse aux eins nus » ou encore « Les avaleuses »

La comtesse noire

Mais cette fois, ce n’est plus Soledad Miranda qui porte les fantasmes de Franco ( elle a eu la mauvaise idée de se manger un platane deux ans plus tôt) mais Lina Romay, présente dans la vie autant que dans la filmographie du metteur en scène.

A suivre….


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