XXI- Auteurs, auteur, des plumes qui m’ont influencé…
A.D.G, ou l’anar de droite de la Touraine.

S’il est un livre qui valut la renommée à son auteur, ce fut bien « La nuit des grands chiens malades » de Alain Dreux Galoup plus connu sous le pseudonyme de A.D.G. Le récit drolatique de l’alliance contre-nature entre des paysans du terroir tourangeau avec une bande de hippies en lutte contre des truands en quête d’un trésor (forcément) caché fit son effet. Et pour cause! Le ton décalé et profondément réactionnaire détonait en ces temps ou ce qu’on appelait pas encore le Néo-Polar (Jean Patrick Manchette, au grand talent, qui en était le Saint Patron et l’initiateur) était à priori l’apanage de la gauche. Malgré ou à cause de cette « différence » le livre connut un succès tel qu’il eut droit aux honneurs du cinéma qui en fit en 1972 « Quelques messieurs trop tranquilles » assez éloigné du matériau d’origine mais offrait l’occasion à une belle brochette de comédiens (Michel Galabru, Jean Lefebvre, Paul Préboist, Heni Guybet, Jean Luisi, Renée StCyr etc) de se donner la réplique.

A.D.G ( moustache, lunettes noires) en compagnie de Georges Lautner et de Renée StCyr sur le tournage de « Quelques messieurs trop tranquilles »

Mais d’ou venait A.D.G? Et ou est-il allé par la suite?
Né tourangeau, enfant de troupe à douze ans, il quitta l’école avec sons seul BEPC, travailla dans la banque avant d’exercer divers métiers, dont celui de bouquiniste qui lui révéla sa vocation d’écrivain. Membre du mouvement « Jeune force poétique française » crée par le psychiatre et philosophe Michel Georges Micbert, incarnation d’une pensée de droite moderne en réaction aux idées de 68. Ce fut à ce moment que notre ami entra en journalisme chez « Minute », organe propre à causer une syncope à un mélenchoniste bon teint. La chose se passa de manière fort amusante. Recommandé par un ami commun à un journaliste de la feuille susmentionnée (j’ai oublié le nom dudit journaliste, désolé) il choqua ce dernier. Selon ses termes (je cite): « Quelle ne fut ma surprise devant cette petite brute tout de Jean vêtu, le cheveu long mais déjà rare (désolé Alain mais entre chauves, on se doit la vérité), une moustache à la Gengis Khan et des lunettes à faire passer John Lennon pour une publicité pour Lissac! » Devant l’étonnement de son interlocuteur, A.D.G annonça la couleur: » A cause de mes douilles, on me prend pour un gauche, mais c’est faux! » Cette profession de foi rassura l’homme de « Minute » mais pas au point de le croire sur parole. Il fallait que la garçon fisse ses preuves, aussi demanda-t-il au chevelu (au cheveu rare) de lui rendre un papier sur la Fête de l’Huma ».
Chose promise, chose due. Peu après l’événement, A.D.G revint cette fois avec la coupe de cheveux d’un cadet de 14, la moustache bien taillée et en costume trois pièces. Et surtout avec le papier, qui plut à l’homme de « Minute » par sa drôlerie et sa pertinence.
Ainsi A.D.G eut-il le pied mis à l’étrier.
A suivre….
