Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

XX- Spivs, Edwardian, Teddy boys, et collégiennes pas très sages!

Quatrième partie (suite)

Suite à la mévente de leurs costumes Edwardiens, les marchands de fringues durent se résoudre à une vente à perte. Par chance, le succès du style Zazou et l’absence de style vestimentaire chez les jeunes britanniques incita ces derniers à se ruer sur ces tenues singulières qui tranchait sur le conformisme ambiant (Cela dit, même les gens « ordinaires » s’habillaient mieux que de nos jours) Ces jeunes issus pour la plupart de la classe ouvrière adaptèrent le style d’origine à celui des Zazous, y ajoutant des chaussures à grosses semelles et la fameuse coiffure « Ducktail » déjà popularisée par Tony Curtis ( certains optèrent pour la brosse des Marines) Assez rapidement, sous l’influence de ce nouveau public, le terme « Edwardian » se réduira à « Ted », diminutif d’Edward.

D’ou le terme « Teddy boy »

De nos jours (enfin pour ceux que ça intéresse) ceux qu’on commence tout juste à appeler Teddy boys à cette époque sont associés aux Rock’n’roll, mais à ce moment, le genre musical prisé par la jeunesse est le Skiffle, mélange de Jazz et de Folk dont le champion est incontestablement « Lonnie Donnegan ». Les « Teds » n’échappent pas à la règle commune, et aiment aussi certains chanteurs de variétés américains tel Frankie Laine.

Lonnie Donnegan.

Une révolution tant dans le style que dans les habitudes des Teds va survenir en 1954 lors de la sortie de « Graine de violence/ Blackboard jungle » de Richard Brooks. Les Teds traînent depuis déjà un moment une réputation de fauteurs de trouble, aussi, ce film qui traite de la délinquance en milieu scolaire va-t-il les conduire à semer la pagaille dans les cinémas ou il était programmé. A cela s’ajoute cette coincidence: la chanson « Rock around the clock » qui figure au générique deviendra un hymne pour les Teds au point de les convertir au Rock’n’roll.

Cette « conversion » aura l’effet d’américaniser la tenue. En conséquence, les vestes s’ornent de parements en velours et deviennent plus longues en référence au costume de « Gambler » des Westerns. En 1957, le succès relativement tardif d’Elvis Presley en Grande Bretagne suscitera l’apport d’un élément devenu à jamais associé aux Teds: les favoris, qui en ce temps restent encore modestes. Mais qui sont là.

Néanmoins, les affrontements répétés avec la Police, l’interdiction de la tenue dans de nombreux lieux publics, le rôle joué lors des émeutes de Notting Hill (surestimé au demeurant) entraînent le déclin de ce mouvement. Il faut ajouter à ces causes l’apparition de nouveaux engouements, entre autres le goût pour la mode italienne lancé par Alain Delon dans « Plein soleil » des uns, et la passion pour la moto et le cuir noir des autres, autrement dit le noyau des futures terreurs des plages anglaises: les Mods et les Rockers.

Bien sûr, les Teds connaîtront une résurrection dans les années 70. Mais ça, c’est une autre histoire!


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