XX- Un air anglais
Quatrième partie- Spivs, Edwardians, Teddy bys et collégiennes pas très sages. (suite)

La figure du Spiv continua à hanter l’imaginaire britannique bien après leur disparition dans la vie réelle, notamment dans la célèbre série télévisée « Dad’s army » (1968-1973). Inspirée par l’expérience de guerre de son scénariste James Perry, elle dépeint le quotidien de soldats du « Home front », ces unités déployées sur l’ensemble du territoire de la Grande Bretagne pour parer à une éventuelle invasion allemande – qui n’arriva jamais, comme chacun sait et composées bien souvent d’hommes trop âgés pour le « vrai » front, ou considérés comme inaptes pour une raison ou pour une autre. Dans la série proprement dite, la fameuse « Armée de papa » du titre est constituée de personnages pittoresques parmi lesquels le soldat Joe Walker Cockney et Spiv interprété par James Beck (voir photo ci-dessus), lequel acteur mourut lors de la sixième et dernière saison de l’émission.
Outre le phénomène des Spivs qui concernait un monde à la croisée des milieux populaires et du crime, les autres classes sociales trouvaient elles aussi des échappatoires à la grisaille des années d’après-guerre. Grisaille? Il y avait de quoi! Entre la perte de l’Empire « sur lequel le soleil ne se couchait jamais » et les destructions dues à l’aviation de tonton Goering, il était bien normal de rechercher des moyens d’évasion. A ce titre, l’apport de l’allié américain fut très important notamment par le Jazz.
On se débattait alors entre le présent et la nostalgie, la musique importée d’Amérique et la grandeur de l’ère Edwardienne, ce qui donna lieu à la fugace mais non négligeable mode Néo-Edwardienne. Lancée par des tailleurs qui espéraient capitaliser sur la passé et d’offrir aux militaires délivrés de leurs obligations une alternative au « Demob suit » ou costume fourni gratuitement par le gouvernement pour faciliter le retour à la vie civile.

Militaire libéré dans son « Demob suit »

Néo-Edwardien en grande tenue.
Hélas, cette version modernisée du gentleman Belle-époque ne fit guère recette, laissant les tailleurs les bras pleins d’invendus dont ils se demandaient quoi faire.
Jusqu’au jour ou…il arriva ceci:

