Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

XVII- La lointaine Asie, le cinéma, quatrième partie.

  • Guillotine volante, comédie cantonaise, drames, faux Bruce Lee et karatékas noirs.

Je dois vous faire un aveu dans cette présentation (succincte, j’en conviens ) sur le cinéma asiatique, et dans le cadre de cette partie qui aborde la cinématographie de Hong Kong, je n’ai guère de goût pour les films de Kung fu. Sauf exceptions, dont il sera question plus loin, le genre me fait chier profondément. Répétitif, sans imagination, non, c’est d’une pauvreté insondable. Là ou le Japon fait preuve d’inventivité dans ses films d’action, Hong Kong ne sait que mettre en avant les compétences techniques de ses artistes martiaux, que je respecte au demeurant, mais qui ne font pas un film. Du moins à mon avis.

De surcroît, ce cinéma a occulté le reste de la production de l’île. Comédies, policiers, fantastique, drames ou autres sont tout simplement passés à la trappe. Du moins pour une partie du monde.

L’un des plus grands succès de l’année 1974 à Hong Kong( Il enregistra des recettes deux fois supérieure à celles du Bruce Lee « Opération dragon) fut « Games gamblers play » de Michael Hui, chronique de la vie d’un groupe de passionnés de jeux et….tours qu’ils se jouent! Rigoureusement inexportable car reposant sur le comique parlé, il est cependant représentatif de la comédie cantonaise et de la richesse du cinéma de cette partie du monde. Malheureusement, dans ce cas précis, il est dur à apprécier hors de ses frontières. A moins de maîtriser le cantonais. Hum.

Plus abordable, car beaucoup plus visuel, est « The private eyes », autre comédie sous forme de chronique ou Michael Hui délaisse le monde des (petits) joueurs pour s’intéresser à celui des détectives privés. Plus précisément à une agence dirigée par Mister Boo ( le nom de ce personnage fait paraît-il mourir de rire les spectateurs japonais) et qui galère jusqu’à l’arrivée d’une nouvelle recrue. On notera la présence de Sek Kin, le méchant de « Opération dragon » et des piques adressées aux films de Kung fu (la bagarre dans le supermarché est à ce titre désopilante)

Cela me permet de faire la transition avec le cinéma d’arts martiaux qui peut lui aussi être hilarant, mais pas toujours volontairement (quoiqu’il existe des comédies Kung fu, mais je ne couvrirais pas ce sujet)

Il existe donc parfois un caractère involontairement comique de ce qu’on appelait improprement  » le film de Karaté »dans les pages de Pariscope lors des années 70.  » Le bras armé de Wang Yu contre la guillotine volante » (ce titre!) en est un bon exemple avec ses combattants pour le moins pittoresques ( l’homme au turban entre autres) et son moine détenteur de la guillotine portative du titre, aveugle et porteur d’une croix gammée sur son front. Je n’en dis pas plus, une telle chose ne se raconte pas! Je vous laisse avec les affiches française et américaine de ce chef d’oeuvre!

« Les clones de Bruce Lee/ The clones of Bruce Lee » (1977) de Joseph Kong offre une autre occasion de s’en payer une tranche. Et c’est bien normal, cette production entre Hong Kong et les USA relève d’un sous-genre appelé la « Brucespoitation », généré par la mort de Bruce Lee et mettant en scène des imitateurs du « Petit Dragon » dans des scénarios plus (surtout) ou moins improbables. Avec l’exemple susmentionné, on en a pour son argent avec le trio de faux Bruce Lee conditionnés avec une passoire sur la tête en guise d’électrodes.

Dans le même genre, il y a « La résurrection du Dragon/ The Dragon lives again » (1978) de Lo Kee, ou Bruce Lee se réveille au Ciel (?) entouré de clones de Clint Eastwood, James Bond, Emmanuelle, Popeye, Dracula et quelques autres. Sans commentaires.

Comme une bonne idée n’est jamais perdue, le plagiat s’étendit à l’entourage de Bruce Lee. Cela s’appliqua à Jim Kelly, le combattant noir de « Opération Dragon » qui poursuivit peu après une carrière d’acteur assez folklorique, encourageant certains de ses pairs à l’imiter, tel Ron van Clief – par ailleurs authentique artiste martial, ancien Marine, ancien policier et….ami de Bruce Lee qui le surnomma le « Dragon noir »

Ron van Clief.

Le cas de Ron van Clief est ntéressant en cela qu’il ne tourna qu’à Hong kong, à la différence de Kelly ou de l’inénarrable Warhawk Tanzania.

Warhawk Tanzania

 » No baby, that’s the real shit! »

Outre ses comédies, ses bizarreries, le cinéma de Hong Kong a aussi ses drames, en particulier le remarquable « Boat People » (1981) de Ann Hui, sur la tragédie vécue par les vietnamiens et cambodgiens suite à la déroute américaine au Vietnam. Emouvant sans verser dans le pathos, un film à redécouvrir. Qu’on me pardonne de terminer cet article sur cette triste note.


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