Alexandre Léger auteur rétro

Tout l’univers

XVII- La lointaine Asie….Et ses rapports avec l’Occident.

Première partie- Le cinéma.

Il ne vous aura pas échappé que l’Asie une de mes influences non françaises majeures. De part l’origine de mon héros, notamment. Aussi, je profite de ce dimanche pour vous emmener en ballade dans le cinéma et la littérature asiatique, sous le patronage de Michael Hui (voir photo ci-dessus) grand cinéaste et acteur cantonais!

Ma première rencontre avec la culture asiatique et plus spécifiquement japonaise fut « Kagemusha » (1980) de Akira Kurosawa. L’histoire de ce mendiant voleur désigné pour remplacer un Shogun mort dont il est le sosie eut l’effet de m’éblouir par son mélange de conte épique et d’humanité profonde, me marquant et entrant à jamais dans mon Panthéon personnel. Je fis par ailleurs un lien entre ce film et l’Occident pour deux raisons. D’abord, je vis lors du générique de fin les noms de Francis Coppola et de George Lucas cités comme producteur exécutifs. Deux géants d’un cinéma américain que je révérais déjà, c’était une caution supplémentaire. Ensuite parce que ce thème du sosie qui passe de l’état d’homme de paille à celui de nouvelle incarnation de celui auquel il doit se substituer – et qui vaut supposément moins que le modèle- me rappelait un film italien de Vittorio de Sica  » Le général della Rovere/ Il general della Rovere » (1959) ou Vittorio Gassman jouait un petit escroc chargé par les autorités allemandes de e faire passer en prison pour une figure de la résistance italienne afin d’espionner les détenus qui de l’aveu même de l’un d’entre eux  » sont tous des politiques » D’abord ravi de l’aubaine qui lui permet de vivre à l’oeil, l’escroc se prend au jeu et épouse la cause de eux qu’il avait pour mission de trahir, jusqu’à partager le sort tragique de ces derniers.

Il serait d’ailleurs intéressant d’analyser les rapports entre le cinéma asiatique et le cinéma italien, Sergio Leone, que je révérais déjà à l’époque ne s’est-il pas inspiré du script de « Yojimbo » (1962) de Akira Kurosawa (encore!) au point que le réalisateur nippon envoya une lettre teintée d’humour à son homologue transalpin, ou il réclamait à celui-ci des droits d’auteur? Mais bon, afin de rester juste était l’adaptation de « La moisson rouge/ Red harvest » de Dashiell Hammet, un des phares du roman noir américain. Il faut ajouter des évolutions parallèles et pas forcément conscientes entre le film de samourais et le Western italien, selon l’avis même de cinéastes japonais comme par exemple Kenji Misumi (J’y reviendrais) qui reconnut n’avoir pas vu de films de Leone ni aucun western transalpin, alors que les allures des ronins et celle des pistoleros de Cinecitta étaient étrangement semblables.

Puisqu’il est question de samourais, et de Kenji Misumi, il est temps de parler d’une autre de mes découvertes, faite celle-ci en 1992 à la maison de la culture de Rennes « Baby Cart, l’enfant massacre/ Kozure okami: Sanzu no kawa no ubagaruma » (1972) de…Kenji Misumi.

Il s’agit du deuxième volet d’une longue et sanglante saga narrant les pérégrinations d’ Itto Ogami un samourai pourchassé par son ancien clan, accompagné de son fils qu’il trimbale dans un poussette truffée de pièges et d’armes de toutes sortes. Violent, extravagant et entrecoupé de passages étrangement empreints de tendre mélancolie. Que dire d’autre? Sinon parler de l’impact de ces films sur les américains, les deux premiers opus furent réunis en un film avec un montage légèrement différent sus le titre « Shogun assassin » en 1980 aux USA et la censure britannique le classa parmi les « Video nasties » autrement dit les bandes interdites, en l’occurrence pour sa violence. Je me souviens sinon avoir vu la jaquette de la VHS française de « Shogun assassin » dans Télé ciné vidéo en 1984.

A suivre…


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