XXXIV- Michel Dodaiev

Michel Dodaiev apparaît pour la première fois furtivement dans « Poucet à Barbès » en train d’importuner Cécile Clergeot. Robert Lin, qui passait par là, les sépare et considère brièvement ce jeune homme pour en conclure qu’il a tout du « Fils de famille dévoyé »
A raison.
Dodaiev, issu d’une famille de nobles russes émigrés suite à la révolution des sales rou….des bolchéviques, a fait des études brillantes de droit et de philosophie avant de tout gâcher en raison de son goût des très, des trop jeunes filles. Suite à ce désastre, Dodaiev s’éloigne du destin qui aurait du être le sien et suit un parcours pas si rare chez des fils de bonne famille qui, suite à un échec ou par goût de l’aventure, se sont engagés dans l’Armée. Evidemment nés un tôt pour la Résistance, De Gaulle, la Charlemagne ou la Milice, ils ont pris la seule guerre disponible en magasin: l’Indochine. A son retour, il connait le sort de tous les soldats des médailles ( « Try to buy a coffee ith that » comme diraient nos américains.) pour la forme, le mépris pour le reste. Aussi, afin d’assurer sa subsistance et de satisfaire son « vice », notre bon Michel devient le rabatteur de Carpouzis.
Dodaiev est donc calqué sur un cas général mais également sur deux personnages, l’un fictif, l’autre réel. Le premier est Tavernier le triste héros de « Ascenseur pour l’échafaud » (1957) de Louis Malle, ancien d’Indochine qui tourne mal. Le second bien de ce monde et désormais maudit à jamais (et justement) Gabriel Matzneff.


Encore une fois, je ne souhaite pas participer à une polémique, et certainement pas à celle concernant Matzneff. Je ne peux que condamner le personnage, ainsi que la complicité de ceux qui dans l’institution médiatique et littéraire l’ont couvert. t ceux-là sont peut-être pires, en particulier ceux qui vouent le susnommé aux gémonies parce qu’il est de bon ton de le faire. Les mêmes qui l’encensaient dans des temps ou certaines saloperies étaient autorisées, certes, mais ou n’essayait pas de nous faire croire qu’un homme pouvait tomber enceint.
Pour en finir avec Matzneff, je dois citer malgré tout un de ses ouvrage qui fait déjà partie de mes documents de travail pour le dernier opus des aventures de Robert Lin. Il s’agit de « Cette camisole de flammes », un des premiers tomes de son journal ou il relate entre autres choses son expérience en tant qu’appelé pendant la guerre d’Algérie.

