XIII- Auteurs, auteur, quelques plumes qui m’ont influencé….
Frédéric Dard, nouveaux mystères de Paris, Ange noir et les Kaput

Frédéric Dard….faut-il le présenter? San Antonio, décrié par beaucoup mais à jamais au sommet des ventes mériterait d’autres exégèses mais il n’en n’est pas question ici. Outre ses romans « sérieux », Dard a écrit dans les années 50 quelques oeuvres atypiques, ou, de son propre aveu, il explorait des voies inhabituelles.

Le plus connu de ces « travaux parallèles » est évidemment « Les derniers mystères de Paris » (1958) ou l’auteur marche sur les traces de Eugène Sue en mêlant déchéance échec, amours incongrues, menaces, lâchetés et regrets, le tout sous le signe d’une fatalité, récurrente dans la littérature Noire de l’époque. Sans trop dévoiler l’intrigue, la vengeance d’une femme mariée bourgeoisement provoque une série de remous qui, bien entendu, aboutiront à un drame.
On continue en remontant le temps avec la série de « L’ange noir »



Là, on est dans un registre plus léger, ou l’on suit les vicissitudes d’un cambrioleur sans scrupules mais sympathique qui n’hésite pas dans le dernier opus de la série à rendre service à la société et ce sans intéressement personnel aucun! Il n’en n’est pas moins une belle crapule mais qu’on n’arrive pas à vraiment détester.
Enfin, venons en au gros morceau; les « Kaput »



Rédigé entre 1955 et 1956, les quatre opus composant la saga « Kaput » relatent l’ascension puis la chute d’un jeune homme qui de simple voyou devient un tueur impitoyable avant d’arriver au firmament du crime…pour en redescendre de manière tout aussi fulgurante. Défini par sa seule brutalité, rappelant par certains côtés le « Scarface » (1932) de Howard Hawks tout en annonçant avec trente ans d’avance celui de Brian de Palma, le personnage n’est défini que par son surnom qui résume mieux qu’un nom sa nature profonde. Piranha qui se débat contre tous les filets qui lui sont tendus, il ne fait que reculer pour mieux sauter, autrement dit retarder la mort violente qui l’attend fatalement.
Boudé et, disons le, un peu oublié par son auteur qui ne le considéra longtemps que comme un travail alimentaire, « Kaput » revint finalement en grâce auprès de Frédéric Dard lorsque son éditeur lui proposa de rééditer la sanglante épopée susmentionnée en 1971. Après une période d’hésitation, Dard reconnut que ces livres lui avaient permis d’explorer une forme de violence dont il n’avait pas l’habitude.
L’influence de ces romans sur les miens? La présence de personnages violents marchant vers leur propre mort ( Norbert Dague dans « Poucet à Barbès ») le passé qui ne veut pas se faire oublier. Entre autres choses.
