VIII- Zazous, moustaches, meurtres et variétés.

Le zazou, figure rebelle des années quarante s’inscrit en filigrane dans mes livres, plusieurs de mes personnages vivent sous l’influence de ce mouvement, à commencer par Robert Lin dont la moustache pinceau est un reste de sa jeunesse bercée par le Jazz. Même si cela n’est pas clairement dit, j’y ai pensé en l’écrivant. Du reste la première aventure de Robert Lin – non publiée- « La fille en cellulose » faisait référence à cette époque de sa vie. Il se pourrait d’ailleurs que je le retravaille, et aussi que j’écrive sur la jeunesse de mon héros.
Toujours est-il que – et cela je l’ai écrit- Robert Lin a un passé de résistance ce qui fut le cas d’un certain nombre de zazous, lesquels étaient très mal vus dans la France occupée. Très tôt, ils manifestèrent leur soutien aux juifs en portant des parodies d’étoiles jaunes:



Pour en savoir plus, se reporter à l’ouvrage de Jean Claude Loiseau ( voir photo ci-dessus) sur le sujet. La bande dessinées aura aussi ses zazous, Zantafio, le cousin maléfique de Fantasio de « Spirou et les héritiers » première de ses apparitions dans la série.

Bien sûr d’autres personnages portent l’empreinte de ce mouvement, notamment Leitienne le pétulant agent de renseignement que son service a flanqué dans les pattes de Robert Lin dans « Poucet à Barbès », adepte du style héroico-zazou ( petite moustache et chemise flottante) décrit par Lucien Bodard dans sa somme sur la guerre d’Indochine, ou encore Norbert Dague, le « Poucet à Barbès » justement, également pourvu d’une moustache et d’un costume en alpaga trop large (détail que je tiens de mon parrain corse, mais ça c’est une autre histoire que je vous raconterais peut-être)
Soit, mais comme il convient de rendre à César ce qui lui appartient, il est bon de rappeler que le style zazou a une origine américaine ( il viendrait d’une chanson de Cab Calloway Zah zoo zah ») et était prisé par les minorités noires et latino. Ce goût du vêtement ample attira les foudres des autorités et d’une partie de la population qui le percevaient comme un gaspillage de matériau, ce qui donna lieu à de sérieuses échauffourées en 1943, connues sous le nom de « Zoot suit riots », évoquées plus tard par James Ellroy au début du « Dahlia noir/ The black dahlia » (1987) et surtout par Thomas Sanchez « American zazou/ The zoot suit murders » (2006)



N’oublions les demoiselles, les filles zazous ne manquèrent pas!



D’accord, il y a des meurtres, des zazous et des moustaches, pas tant que ça en fait….
Eh bien si. Il y en a ou plutôt, il va y en avoir!
A suivre…
