Episode II
Vicky Lynn, alias Isabelle Leblanc, alias?….

Vicky Lynn, personnage titre de mon premier roman méritait lui (elle? Bon, je vais y revenir) aussi de figurer parmi les premiers portraits de mes créations. Mais d’abord, qui est Vicky Lynn? Un ancien travesti mi-artiste de cabaret, mi-prostitué (et surtout prostitué) qui subit une sévère correction de la part de ses employeurs pour avoir voulu reprendre sa liberté. « Le charme secret de Vicky Lynn » raconte sa renaissance en femme puis sa vengeance.
En dehors de son passé professionnel, je ne fais pas mention du reste de son passé, le coup du petit garçon qui se met à jouer à la poupée a été déjà fait cent fois, il n’était donc pas utile de le refaire. Et pour tout vous dire, je n’en n’avais pas envie non plus. Afin de lever toute équivoque en raison du sujet du livre qui se télescope avec l’actualité, je reste neutre quant à cette question. Je ne suis en rien contre les transexuels, j’en ai connu, ce qui me permet d’affirmer avec un peu d’humour que Vicky Lynn existe. Plus sérieusement, quant à la dysphorie de genre, je suis de ceux qui croient qu’elle existe. Mais…elle ne concerne qu’une infime partie de la population mondiale, un individu sur cent dix milles. Aussi, la fièvre, sinon l’hystérie, que suscite cette question me semble-t-elle déplacée. Quantité de personnes de nos jours prétendent – et pour quelques uns en toute bonne foi- être transgenres alors que leurs problèmes relèvent de bien autre chose. Parenthèse fermée.
Donc Vicky Lynn tire sa source de la réalité de certaines de mes rencontres mais je n’en dirais pas plus à ce sujet, ce blog étant consacré à mes livres, non à ma vie, et ce pour des raisons de discrétion que vous pourrez facilement comprendre. Outre mon expérience, il y a l’histoire, le contexte est celui du début des années 50, la France est en guerre en Indochine, porte encore les traces de l’occupation, la société s’américanise et l’économie se redresse peu à peu. Ceux qu’on appelle pas encore les trans à cette époque sont bien souvent relégués dans les marges du cabaret et de la prostitution. Certes, en 1952, la première opération de « réassignation » a eu lieu avec succès au Danemark sur la personne d’un jeune américain devenu pour l’occasion Christiane Jorgensen.

Le cinéma s’y intéresse via « Glen or Glenda/ Louis ou louise » (1953) de l’inénarrable Ed Wood

Christine Jorgensen

La France n’est pas non plus en reste avec « Adam est Eve » (1953) de René Gaveau, avec entre autres Jean Carmet qui interprétera lui-même beaucoup plus tard un transsexuel dans « Miss Mona » (1988) de Mehdi CHaref.

Et dans le domaine de la psychologie, il ne faut pas oublier le très contesté rapport du docteur Alfred Kinsey. Outre ces références tirées de la fiction centrée sur ce thème et des « sciences humaines », Vicky Lynn tire son origine du film noir américain, des films qui traitent de vengeances féminines ( de prostituées, je n’oserais pas ajouter que cela va de soi) Notamment via le ^personnage de la prostituée défigurée jouée par Gloria Grahame dans « Réglements de compte/ The big heat » (1953) de Fritz Lang:

Gloria Grahame.
Je n’oublierais pas de citer la première des sources celle qui m’a inspiré le nom de scène de mon personnage:

Enfin, il faut absolument que je cite « Les yeux sans visage » de Georges Franju, avec le masque de Edith Scob:

A suivre….
